Saint-Barth - Conteur Benzo

Saint-Barthélemy a eu l’honneur d’accueillir le conteur guadeloupéen Benzo pendant trois jours, du 30 mars au 1er avril.

Quand Benzo conte le créole

Yékrik, yékrak ! Yémistikrik, yémistikrak ! Pendant trois jours, Saint-Barthélemy a eu l’honneur d’accueillir Benzo, de son vrai nom Benjamin Moïse, célèbre conteur guadeloupéen. Également écrivain, enseignant, musicien (avec le groupe Kasika), Benzo est allé à la rencontre des écoliers de Colombier et Lorient, avant d’animer le mardi 31 mars une veillée culturelle à la ferme pédagogique de Gouverneur. 
Contes, croyances, superstitions, jeux de mots, proverbes, le créole et la profondeur de sa culture ont été au cœur de ces rencontres. Hier, le mercredi 1er avril, Benzo a aussi exercé ses talents de professeur en donnant un cours de créole au Théâtre du Paradis, à Gustavia.
« On m’a demandé en décembre de venir jouer à Saint-Barthélemy », explique, ravi, le conteur, paisiblement assis sous un préau de la cour d’école de Saint-Joseph, à Lorient. « Le conte, par sa transmission orale, est le ciment de la société, assure-t-il. Depuis que l’on est tout petit, on adore les histoires. » Avec plus de 200 contes à son répertoire, qu’ils soient traditionnels ou issus de son esprit créatif, Benzo a parcouru le monde et les festivals. Des Antilles à la Guyane en passant par l’Afrique, l’Europe… « Beaucoup d’histoires sont venues d’Europe ou d’Afrique et on les a tropicalisées, rappelle-t-il. Dans nos contes, l’aigle devient un pélican, par exemple. » 
Dès le lycée, Benzo commence à dire des contes. « J’ai eu la chance d’avoir trois conteurs dans ma famille, explique-t-il. Et mon mentor, Albert Gaspard, est encore en vie. C’est le doyen des conteurs de Guadeloupe. Il va fêter ses cent ans ! » Un amour de la transmission qui ne saute pas de génération puisque les deux filles de Benzo, Sandrine et Christina, sont elles aussi conteuses.
Des écoles aux établissements pour les personnes âgées, Benzo continue de faire vivre la tradition orale. Mue par un enthousiasme intact. « Le mois prochain, je retourne en Côte d’Ivoire pour le festival d’Abidjan, lance-t-il en affichant un sourire gourmant. Je me rappelle une fois, en Afrique, j’ai dit un conte et tous les conteurs présents connaissaient l’histoire. Souvent, c’est juste le nom qui change, mais en Colombie ou en Haïti, l’histoire est la même. »
Pendant que Benzo parle, une écolière de Saint-Joseph approche, timide. D’une petite voix touchante, elle confie au conteur qu’il a été le professeur de son papa. Benzo sourit. Un exemple supplémentaire que, des salles de classes aux scènes se spectacle, sa passion de la transmission du savoir porte ses fruits.
Si tout se passe bien, c’est avec le groupe Kasika que Benzo reviendra à Saint-Barthélemy. Sans doute à la fin de l’année, pour quelques chanté Nwel. En attendant, il va, du haut de ses 74 ans, poursuivre avec passion et conviction sa route d’artiste, de professeur et de transmetteur d’histoires.   

Journal de Saint-Barth N°1659 du 02/04/2026

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