La portion de route qui conduit de l’entrée du port de commerce à Gustavia devrait rester à sens unique pour encore de longues semaines. Sollicité par les services de la Collectivité territoriale après un éboulement de roches survenu le 20 novembre dernier, le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) de Guadeloupe a dépêché un scientifique à Saint-Barth fin décembre (JSB 1644). Celui-ci a procédé à l’examen de plusieurs sites désignés comme « sensibles », dont celui du massif qui surplombe la voie qui relie l’entrée du port de commerce à celle de Gustavia. Le spécialiste a rédigé un rapport basé sur ses constatations qu’il a remis pendant la période des fêtes de fin d’année aux services de la Collectivité. Un document qui dresse un état de la situation et dans lequel des préconisations sont formulées. La principale, « sans délai », est de maintenir la fermeture partielle de la route tout en installant un dispositif de surveillance permanente du massif rocheux.
Une roche « très fracturée »
Si la Collectivité n’a pas autorisé le JSB à consulter le rapport, le conseiller territorial Fabrice Querrard, aussi président de la commission de maîtrise du développement et de la modernisation du territoire, a accepté d’en livrer le contenu lors d’un entretien. L’élu explique ainsi que le document remis par le BRGM à la Collectivité relève la chute d’environ 50 mètres cubes de roches lors de l’incident du 20 novembre. Dont des blocs d’une dimension de quatre à cinq mètres cubes.
Le rapport souligne « la nature très fracturée de la roche » dont l’état a été « aggravé par la condition racinaire de la végétation qui écarte encore davantage les fractures ». Des effets auxquels s’ajoutent les épisodes de fortes précipitations qui ont encore fragilisé le site.
Des blocs « instables et menaçants »
Pour l’heure, selon l’extrait du rapport dévoilé par Fabrice Querrard, « le danger n’est pas écarté » et « d’autres zones de chutes potentielles sont visibles à l’œil nu ». Plusieurs mètres cubes de roches sont ainsi susceptibles de se détacher du massif, tout comme des « blocs instables masqués par la végétation et situés à mi-pente ». Le rapport avertit qu’une « rupture brutale pourrait survenir à court terme ». De plus, d’autres « blocs menaçants » ont été identifiés sur le versant Sud du massif, au-dessus de la portion de route qui part en direction de Gustavia.
Le rapport du BRGM contient plusieurs préconisations afin de sécuriser la zone. En premier lieu, comme indiqué plus avant, le maintien de la voie en circulation à sens unique. Une mesure qui doit s’accompagner d’une surveillance accrue du massif. Pour ce faire, « des caméras sont en train d’être déployées et dirigées vers le massif », explique Fabrice Querrard.
Dans les prochaines semaines, le rapport du BRGM suggère d’intervenir éventuellement de manière directe sur site. En l’occurrence, en provoquant une chute contrôlée des roches désignées comme potentiellement dangereuses. « Il faudra aussi tester les compartiments rocheux douteux », précise Fabrice Querrard.
Une étude biotechnique approfondie
A plus long terme, le rapport du bureau de recherches géologiques et minières conseille de procéder à une étude biotechnique approfondie avant d’entreprendre des travaux de confortement. « Ceux-ci incluent l’emmaillotage ou le clouage des roches pour pouvoir fixer les gros éléments et poser des filets d’arrêt ou des grillages », souligne le président de la commission de maîtrise du développement et de la modernisation du territoire. Néanmoins, pour l’heure, la réflexion est à l’ordre du jour en Collectivité territoriale.
« Des décisions seront prises dans les prochaines semaines sur les solutions à adopter », indique Fabrice Querrard. L’élu assure toutefois que si des épisodes de fortes pluies devaient survenir, des solutions rapides devront être mises en place. En attendant, la portion de route qui va du port de commerce à l’entrée de Gustavia semble vouée à demeurer en sens unique pour un temps encore indéfini. Les barrières de sécurité restent en place sur la voie de gauche, le long du massif. Un espace dans lequel il est aisé de constater que des chutes de petites roches interviennent quotidiennement.
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