A ceux qui craignent de voir l’attractivité de Saint-Barth diminuer, les chiffres de l’activité 2025 de l’aéroport devraient apporter quelque réconfort. Pour les autres, qui s’inquiètent face à une hausse croissante et envahissante de la fréquentation de l’île, ce bilan ne va faire qu’accentuer leur appréhension. Quoi qu’il en soit, en 2025, les résultats dévoilés par la direction de l’aéroport laissent apparaître une hausse du trafic et du nombre de passagers par rapport à l’exercice 2024.
Lors de l’année écoulée, 232.535 personnes ont transité par le tarmac de Saint-Barth. Ce qui représente une augmentation de 14,2% par rapport au bilan 2024. La croissance est observée sur la quasi-totalité de l’année, avec des pics significatifs durant la haute saison touristique, de janvier à avril, et une progression soutenue jusqu’au mois de novembre. Le mois de décembre fait toutefois exception, puisqu’un léger repli est observé par rapport à l’année précédente (-5,4 %). « Cette baisse peut s’expliquer par plusieurs facteurs conjugués, explique Fabrice Danet, directeur de l’aéroport. Les retards des vols transatlantiques d’acheminement et un niveau de congestion élevé sur l’aéroport de Sint Maarten (SXM) générant des contraintes opérationnelles préjudiciables aux vols de correspondance, la suspension du CTA (Certificat de transporteur aérien) et de la licence d’exploitation de la compagnie Air Antilles à l’arrêt depuis le lundi 8 décembre, ainsi que, possiblement, par un effet de normalisation de la fréquentation, le mois de décembre 2024 ayant atteint un niveau record inédit. »
Quoi qu’il en soit, ces résultats confirment le maintien d’un niveau de fréquentation élevé, soutenu par la présence de quinze opérateurs sur le marché : Winair, Tradewind Aviation, St Barth Commuter, St Barth Executive, SEML Air Antilles, SXM Airways, West Indies Helicopters, Anguilla Air Services, Trans Anguilla Airways, Windward Express, Breeze Air Charter, Cape Air, Air Paradise, Montserrat Airways et Calvinair.
Arrivées et départs équilibrés
Il est à noter que le trafic passagers est quasi exclusivement commercial (96% du trafic total). « Le trafic non commercial étant marginal », souligne Fabrice Danet. Le trafic international représente la majorité des flux (80%), avec 187.812 passagers. Ce qui représente une hausse sensible par rapport à 2024 (+10,5%). Les plateformes de Juliana (Sint Maarten) et San Juan (Porto Rico) demeurent les principaux pôles d’échanges avec 59% du trafic de et vers Sint Maarten et 18% de et vers San Juan.
Par ailleurs, le trafic national demeure plus limité avec 44.723 passagers. De fait, il repose essentiellement sur les liaisons avec la Guadeloupe et Saint-Martin (Grand Case), avec une évolution plus contrastée selon les axes. Enfin, les arrivées (113.869 passagers) et départs (118.866 passagers) sont globalement équilibrés.
Plus de mouvements en 2025
En ce qui concerne les mouvements d’avions, l’aéroport en comptabilise 47.805 en 2025. Soit une augmentation de 11,8% sur un an par rapport à 2024, dont 45.686 mouvements commerciaux (+12,7%). Les vols internationaux constituent l’essentiel de cette activité (+9,5% avec 36.216 mouvements), tandis que les vols nationaux affichent la plus forte progression relative (+27,2 % avec 9.469 mouvements), traduisant un renforcement de la connectivité régionale, notamment avec la Guadeloupe.
Le trafic non commercial (aviation générale) représente 2.121 mouvements, en baisse de 6,2 % sur un an. « Cette diminution concerne principalement les vols nationaux non commerciaux, confirmant une priorisation croissante des opérations commerciales régulières sur la plateforme », précise Fabrice Danet.
Le directeur rappelle que l’aéroport est soumis à des contraintes structurelles fortes : piste courte, environnement contraint, conditions d’approche exigeantes, capacité d’accueil limitée et exploitation à vue de jour uniquement. « La hausse simultanée des passagers et des mouvements accentue la pression sur les infrastructures et les services opérationnels, notamment en période de forte affluence, tout en limitant les possibilités d’augmentation significative de capacité », insiste Fabrice Danet. Il se félicite toutefois : « Ces chiffres exceptionnels témoignent à la fois de la performance du service AFIS et du professionnalisme des agents dans un contexte de trafic marqué par une demande soutenue. » De plus, il estime que le système de régulation du trafic aérien «s’impose comme un enjeu majeur » dans un contexte de croissance. Pour garantir la sécurité des opérations sur le long terme, maintenir un haut niveau de qualité de service et « assurer une utilisation maîtrisée des ressources disponibles ». Comme les capacités de stationnement des avions.
Mis en place le 15 novembre, le dispositif de régulation fera l’objet d’un premier bilan par la direction de l’aéroport et la DGAC (direction générale de l’aviation civile) à la fin du premier trimestre.
Un début d’année agité
En attendant, l’aéroport a déjà enregistré des chiffres records pour commencer 2026. 315 mouvements d’avions le 2 janvier, 347 le 4 (après une journée de forte baisse le samedi 3 en raison de la fermeture de l’espace aérien décidée par le gouvernement étasunien), puis 269 le lundi 5 janvier. « Une régulation des vols de jets privés a été mise en place à compter du 4 janvier, avec une limitation initiale à quatre jets privés par heure, pouvant aller jusqu’à deux jets maximum, en raison de la congestion persistante de l’espace aérien de San Juan », explique Fabrice Danet.
Et pour couronner ce début d’année, un vent d’ouest lié au passage d'une perturbation frontale a fortement pénalisé les opérations de décollage à partir du milieu de la matinée du lundi 5 janvier, jusqu’au lendemain midi. En raison de ces conditions défavorables, des passagers ont été acheminés par ferry vers Saint-Martin et reprogrammés sur des vols les 6 et 7 janvier.
