La présidente de la commission des affaires sociales de la Collectivité, Cécile Rubino Tessier, lance une campagne de prévention et d’information sur la santé mentale. Pour que le sujet, qui est un enjeu majeur de santé publique, fasse l’objet d’une réflexion approfondie.
Tout est partie d’un simple constat. Lors d’un séminaire régional sur la santé mentale organisé en Guadeloupe. « Des psychiatres ont relevé que dans les familles antillaises, on considère encore souvent que lorsque l’on ne va pas bien, on est fou », explique Cécile Rubino Tessier. Or, pour la présidente de la commission des affaires sociales de la Collectivité, s’arrêter à un tel constat n’est pas acceptable. Par conséquent, après s’en être entretenu avec la conseillère territoriale Mélissa Lake, la décision d’entreprendre une action a été actée.
«Déstigmatiser le sujet »
Le projet va prendre la forme d’une campagne de sensibilisation et d’information. Par le biais d’affiches, d’un questionnaire, d’un recueil de témoignages mais aussi de rencontres. Notamment avec les collégiens. « Même si les jeunes n’ont, en général, pas les mêmes difficultés pour parler de leurs problèmes, déclare Cécile Rubino Tessier. Cette campagne a pour but de déstigmatiser le sujet. Parce qu’on y passe tous. Il y a toujours un moment dans sa vie où l’on ne va pas bien. » A Saint-Barthélemy comme ailleurs. « A Saint-Barth, on pense que tout va toujours bien, mais beaucoup d’éléments font que ça peut ne pas être le cas, insiste l’élue. Une situation personnelle, un problème de logement, la multiplication des jobs, etc. On parle souvent du quotient intellectuel mais on oublie le quotient émotionnel. »
Dignité et bien-être
Pour la campagne d’affichage, Cécile Rubino Tessier a sollicité des habitants de l’île. « Des jeunes et des moins jeunes, pour que ce soit représentatif », assure-t-elle. Avec des slogans qui véhiculent un message positif. « La santé mentale est un bien commun, souligne l’élue. A l’heure où nos sociétés sont mises à rude épreuve, il est fondamental de faire tomber les tabous, de renforcer les coopérations et d’agir collectivement pour la dignité et le bien-être de chacun. »
Le mal-être est bien souvent imperceptible. Il peut alors prendre la forme d’une dépression ou, moins fréquemment, mener à des actes radicaux. Comme le suicide. Le 6 novembre dernier, des professionnels de santé sont venus à Saint-Barthélemy dans le cadre de la Semaine de sensibilisation à la prévention du suicide dans les «Iles du Nord». Une soirée de réflexion sur la compréhension des facteurs de risque, des signes d’alerte et des mécanismes de soutien envers les personnes concernées a été organisée. L’occasion de rappeler l’existence d’un numéro d’appel national de prévention (le 3114), avec au bout du fil des psychiatres et des psychologues spécialisés qui sont à l’écoute. Le dispositif « vigilance » également, qui offre un suivi après une tentative de suicide. Pour les plus jeunes, une application a été créée. Baptisée « Hope my list », elle a pour but de redonner un peu le moral à des personnes qui traversent une période délicate.
Un fléchissement de la santé mentale ne signifie pas une plongée dans la folie. Une détresse psychologique momentanée peut être surmontée en se confiant à un professionnel de santé. Il en existe sur l’île.
Cécile Rubino Tessier rappelle le fait que, comme il a été précisé lors du séminaire auquel elle a participé en Guadeloupe, « la santé mentale ne se réduit pas à la psychiatrie ». Elle ajoute : « Elle est l’affaire de toutes et tous, dans une approche inclusive, intergénérationnelle et décloisonnée. » Dans le dialogue, en somme. Parler mais aussi écouter, pour comprendre et accompagner.
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Les actions qui devraient être mises en place - Théâtre : création de scénettes avec les élèves autour de la santé mentale (partenaire : Raconte-moi Saint-Barth). |
