Saint-Barth - handicap

Quinzaine du handicap : une vie au service des autres

Dans son introduction à la première édition de la Quinzaine du handicap à Saint-Barthélemy, la présidente de la commission des affaires sociales au sein de la Collectivité, Cécile Tessier, justifie l’organisation d’un tel événement par les mots suivants : « Parce qu’une société se mesure à l’attention qu’elle porte aux plus vulnérables. Parce que l’inclusion n’est pas une faveur mais un principe. Parce que la dignité ne se négocie pas. » Aussi, à partir du 30 mars et jusqu’au 12 avril, plusieurs rendez-vous vont être proposés à la population de l’île afin de mieux appréhender ce qu’est et ce qu’implique le handicap. Par le biais d’animations, de débats, de rencontres. Notamment avec des professionnels de santé de Saint-Barthélemy spécialisés dans la prise en charge et l’accompagnement du handicap.

La MTPH
Parmi la liste des organismes présents sur l’île, il y a bien évidemment la MTPH (Maison territoriale des personnes handicapées). Créée en novembre 2024, elle est un guichet unique pour l’accueil, l’évaluation des besoins et la mise en place des plans de compensation. Intégrée au Centre médico-social de Gustavia, la MTPH est une branche du service de la cohésion sociale. Près de 270 dossiers de personnes atteintes par un handicap y sont traités et suivis.

Handi-relais
Impossible d’évoquer le handicap à Saint-Barth sans évoquer l’association Handi-Relais. Constituée de bénévoles, elle apporte soutien et accompagnement et ses représentants siègent à la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH). Chaque année, l’association organise la Handi-Color, un événement qui réunit plusieurs centaines de personnes lors d’une marche festive pour l’inclusion.

OVE Caraïbes
Une autre association assure une mission cruciale sur l’île : OVE Caraïbes. Elle a la responsabilité de l’Institut médico-éducatif (dont la structure temporaire est implantée à Anse des Cayes), de la future maison d’accueil spécialisée (MAS) et de la plateforme de répits qui est en phase de «mise en place ». Le futur local de la MAS est situé à Lorient et pourrait ouvrir ses portes en septembre prochain. L’objectif est que la structure puisse, fin 2026, accueillir six bénéficiaires.

Coralita
L’association Coralita a été créée par le Club Soroptimist de Saint-Martin. Depuis, elle s’est développée autour d’une ambition majeure : « Contribuer à l’autonomie de la personne. » En l’occurrence, des enfants et des adultes en situation de handicap. A Saint-Barthélemy, Coralita regroupe trois services, trois structures distinctes. Le CAMSP (Centre d’action médico-social précoce), qui dispose de quatre places et s’adresse à des enfants âgés de 0 à 6 ans, le Sessad (Service d’éducation spécialisé et de soins à domicile, sept places) pour les 6 à 18 ans, et le Samsah (Service d’accompagnement médico-social pour les adultes handicapés). Des services très sollicités puisqu’ils comptent des dossiers en attente. Au moins quatre pour le CAMSP et cinq sur liste d’attente pour le Sessad. A l’inverse, le Samsah dénombre une prise en charge pour quatre places disponibles.

L’association Emma
Si elle n’est pas présente sur l’île, l’association Emma apporte un soutien aux familles et aux enfants en difficulté scolaire. Elle les accompagne pour les troubles du neurodéveloppement (dyslexie, dysphasie, dyspraxie…) et du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ainsi que les Hauts Potentiels Intellectuels (HPI). C’est par son biais que le docteur Olivier Revol intervient régulièrement sur l’île pour suivre de jeunes enfants.

L’Alefpa
L’association laïque pour l'éducation, la formation, la prévention et l'autonomie (Alefpa) est l’un des partenaires de la MTPH. Basée à Saint-Martin, elle s’installe progressivement à Saint-Barthélemy, comme en atteste une visite du mercredi 25 mars. Elle propose plusieurs dispositifs d’accompagnement. Comme le PCPE (Pôle de compétences et de prestations externalisées) qui permet aux personnes atteintes d’un handicap de bénéficier d’une prise en charge financière lorsqu’elles sont en attente d’un dispositif saturé. Ou comme le dispositif d’emploi accompagné (DEA).

Ulis et AESH
L’éducation nationale dispose aussi d’une structure d’accompagnement avec les unités localisées pour l’inclusion scolaire (Ulis). Sans oublier les AESH ou accompagnants des élèves en situation de handicap.    

 

Les premiers rendez-vous de la Quinzaine

• Lundi 30 mars •
A 11h30 au stade de Saint-Jean, la population est invitée à participer à l’inauguration de la Quinzaine en venant rédiger un geste concret «pour un quotidien plus inclusif» sur un « post-it » qui sera coller sur le mur de l’engagement.
Une exposition de photos intitulée “Saint-Barth sans filtre” sera inaugurée et visible pendant toute la quinzaine à la plaine des jeux de Saint-Jean.

• Mercredi 1er avril •
- Conférence à destination des enseignants à la capitainerie de Gustavia, à 9h30. Pour échanger sur les réalités du handicap chez les élèves et mieux les accompagner.
- Village des métiers au collège Mireille Choisy à 14 heures. Les métiers du médico-social seront présentés par des professionnels et des associations sur des stands.
- Vernissage de l’exposition des travaux d’arts visuels des jeunes à 18 heures à l’hôtel de la Collectivité territoriale.

• Jeudi 2 avril  •
Table ronde sur le handicap chez les jeunes, à destination des familles, à 17h30 à la capitainerie de Gustavia. 
Un espace d’échanges autour du diagnostic, de l’inclusion scolaire et au quotidien.

 

Portraits

Aurélie Garrigues, chargée de mission handicap à la MTPH


Avant d’assumer la fonction de chargée de mission handicap à la MTPH de Saint-Barthélemy, Aurélie Garrigues a débuté dans l’enseignement en 1999. Au sein de l’enseignement classique, elle se retrouve parfois face à des enfants en grande difficulté d’apprentissage. « Je me suis sentie démunie », se souvient-elle. Elle prend alors la décision de suivre une formation d’éducatrice spécialisée. Elle évolue ensuite pendant dix ans au sein du réseau d’aide spécialisée aux élèves en difficulté (Rased), intègre l’établissement régional d’enseignement adapté puis une unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis) dans un collège avant de devenir enseignante référente. Un parcours qui lui a permis d’occuper des postes très différents et de travailler avec des élèves âgés de 2 à 20 ans. «Ce chemin n’est pas seulement professionnel, il est aussi profondément personnel. Aujourd’hui, je suis exactement là où je voulais être pour défendre l’idée qui m’anime depuis vingt-cinq ans : aucun handicap ne doit être une barrière à l’épanouissement et à l’inclusion.»

 

Aurélie Etcheverry, éducatrice spécialisée

Depuis sept ans, Aurélie Etcheverry est engagée auprès de l’association Handi-Relais (auparavant Saint-Barth Handicap). Éducatrice spécialisée, elle soutient et accompagne des personnes dans leurs démarches quotidiennes. « J’ai fait beaucoup d’animation quand j’étais plus jeune, explique-t-elle. Il s’agissait de groupes et je finissais toujours par faire de l’individuel dans le collectif en m’occupant d’enfants suivis par les services sociaux. C’était instinctif, je crois. » Pendant ses études, elle décide de « bifurquer » vers la profession d’éducatrice spécialisée. Au service des autres. « Il faut savoir ce dont chacun a besoin, indique Aurélie. Je trouve que les personnes dites différentes, par leurs difficultés ou leur parcours, nous apporte une reconnaissance. Il faut beaucoup de travail pour arriver à de petits résultats et c’est gratifiant. » En 2024, Aurélie Etcheverry s’est vu décerner le prix spécial du jury au concours national du prix du civisme et du dévouement organisé par l'Union fédérale des anciens combattants et des collectivités de France et d'outre-mer. 

 

Journal de Saint-Barth N°1658 du 26/03/2026

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