Saint-Barth - sam delpech portrait

Sam Delpech, le beau comme objectif

Sam Delpech a le don pour attirer l'œil des célébrités. Sur son compte Instagram, vous pouvez faire votre marché : un regard de la star Aya Nakamura, un bisou de la chanteuse Doechi ou un sourire du rappeur Asap Rocky, au choix.  Il n’y pas de doute, le photographe sait mettre tout le monde à l’aise. Au bout de quelques minutes de discussion dans un café parisien, la complicité arrive rapidement. Dans un sourire, Sam annonce toutefois la couleur : « Je n’aime pas parler de moi. » Un peu embêtant pour un portrait. Parlons photo alors. C’est à l’âge de 15 ans, après son départ de Saint-Barth pour le Canada que Sam découvre cet art. Une amie lui prête un appareil photo et il « kiffe instantanément ». Deux mois plus tard, Sam saute le pas et achète un Nikon 3.600. «Depuis, ça ne m’a pas lâché», déclare le photographe. Très peu de considérations artistiques à l’époque, l’adolescent utilise surtout l’objectif pour « montrer la beauté des gens ». Mais très vite, le jeune homme qui a grandi à Saint-Barth réalise que la photographie ne sera pas cantonnée à la case de «passe-temps ».

Aya Nakamura et Laeticia Hallyday
En école de photographie au Canada, il développe sa fibre artistique en même temps que ses compétences techniques. «J’ai toujours été intéressé par l’art, ce sont les matières où j’étais le meilleur à l’école, retrace le garçon plutôt rêveur. Par contre, je ne sais ni dessiner, ni peindre, je suis nulle avec mes mains. » Sam pioche ses inspirations dans la peinture, le cinéma ou encore la mode, l’une de ses grandes passions. Désormais photographe indépendant, le jeune homme de 24 ans mêle l’utile à l’agréable en couvrant les Fashion Week pour une agence de presse. Il dispose de quelques secondes pour photographier les célébrités entre le moment où elles sortent de leur voiture et leur entrée dans les lieux de prestige qui accueillent les défilés. « Il faut gueuler le plus fort pour se faire remarquer », précise le photographe. Pas de quoi intimider Sam. Il apprécie cette «adrénaline » qui impose d’avoir la meilleure photo pour se démarquer. Au fil du temps, le jeune homme au départ « naïf » a su affuter ses armes pour que ses photos sortent du lot. « Au début, je prenais tout en photo, retrace Sam. Maintenant je choisis mes cibles : les stars les plus connues, et celles qui ont une actualité. » Ses photos d’Aya Nakamura au défilé Jean-Paul Gaultier ou de Læticia Hallyday à Saint-Barth ont eu leur place dans des magazines bien connus comme Paris Match.

« La routine, moi, ça me tue »
Quand il n’est pas sur les défilés, Sam Delpech met à profit ses services pour des influenceurs beaucoup, des restaurants un peu et des vernissages parfois. « Ce que j’aime dans ce métier, c’est que je ne fais jamais la même chose, confie Sam. La routine, moi, ça me tue. » Dans les périodes de creux, inévitables pour les indépendants, Sam en profite pour creuser ses projets personnels : « Dans ces moments-là, je vais aussi démarcher des nouveaux modèles. Ça me permet d’augmenter mon portfolio et donc, les chances de trouver de nouveaux clients. » Le reste de l’année, le photographe pose ses objectifs à Saint-Barth. Boutiques, créateurs, restaurants ou particuliers, beaucoup d’entrepreneurs de son île natale lui font confiance pour sublimer leurs produits : « A Saint-Barth, ils sont plus libres qu’à Paris, ils me donnent régulièrement carte blanche. » Sam ne se fait pas prier pour innover constamment, comme en ramenant un bureau sur la plage pour une campagne de la marque de maillot Vybz Saint-Barth.

Travailler avec les locaux
Sur ses clichés, on reconnaît régulièrement des visages. Des jeunes de Saint-Barth choisis pour être ses modèles. « Je trouve ça important de faire travailler les locaux », avance le photographe. Modèle sur l’île, Inès Lasmi a collaboré à plusieurs reprises avec Sam.  «Il sait mettre à l’aise, il est très spontané et m’a beaucoup fait rire pendant les shootings, raconte la jeune fille de 23 ans. Il est aussi très professionnel et à l’écoute. Sam sait valoriser les modèles, et s’adapter aux différents styles de shooting. » Avec son goût pour la mode mixé à ses influences caribéennes, Sam propose sa patte unique dans ses clichés. « J’essaie d’apporter un peu de Saint-Barth dans Paris, et de Paris dans mes photos », tente d’expliquer le photographe. Un mélange unique dont lui seul a le secret.

 

Journal de Saint-Barth N°1609 du 26/03/2025

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