Saint-Barth -

Près de 800 élèves de Gustavia ont participé à la réussite de l’exercice CaribWave 2026, le 19 mars.

CaribWave : un exercice tsunami réussi pour les scolaires

Dans les classes, dans la cour, les écoliers et collégiens vaquent à leurs occupations. Contrairement à leurs enseignants, ils ne savent pas qu’un exercice d’évacuation va être déclenché d’un moment à un autre. Ce, dans le cadre du CaribWave 2026, qui consiste à mettre à l’épreuve les dispositifs d’alerte en cas de risque de catastrophe naturelle. En l’occurrence, en ce jeudi 19 mars 2026, un tsunami. Il est 14h30, les sirènes laissent brusquement échapper une sonnerie stridente. L’exercice est lancé.

Dans la cour du groupe scolaire de Gustavia, les élèves sortent par grappe de leur salle de classe. Sous l’autorité de leur professeur, ils se regroupent et avancent en rang jusqu’au portail, déjà ouvert. Lorsqu’ils sortent dans la rue, ils peuvent apercevoir les petits de la maternelle qui, main dans la main et reliés par une cordelette, marchent en direction du refuge tsunami situé sur les hauteurs de Gustavia. De l’autre côté de la rue des écoles, les collégiens de Mireille Choisy sont eux-aussi déjà en route. Au total, ce sont près de 800 enfants qui participent à l’exercice CaribWave. En dix minutes environ, toutes et tous sont parvenus à gagner les deux zones refuge. A la grande satisfaction de la coordinatrice de l’exercice, Eden Gréaux, qui a impliqué la préfecture, le Service territorial d’incendie et de secours (Stis), la gendarmerie, la police territoriale, des services de la Collectivité et, bien entendu, les établissements scolaires de Gustavia. Sans oublier les chercheurs de l’université de Montpellier qui ont contribué à élaborer le dispositif Safe Saint-Barth, dont le site internet regroupe toutes informations et données qui permettent de comprendre et d’appréhender les risques naturels qui pourraient menacer l’île.

Les petits de la maternelle marchent  main dans la main et reliés par une cordelette en direction du refuge tsunami.

Un système FR Alert efficace
Adjointe technique territoriale à la sécurité civile, Eden Gréaux dresse un « super bilan » du CaribWave. « Le dispositif était adapté, les élèves ont atteint le refuse en dix minutes, sans panique et en écoutant les consignes, il n’y a que quelques détails à recaler », résume-t-elle. De plus, les sirènes ont bien fonctionné à Gustavia comme à Saint-Jean. L’occasion de préciser que des systèmes d’alerte vont être installés au cours des trois prochaines années dans d’autres quartiers de l’île.
Par ailleurs, comme les habitants de l’île ont pu s’en apercevoir, le système FR Alert qui avertit les possesseurs d’un smartphone du déclenchement d’une alerte a également fonctionné à la perfection. Des remarques formulées par le biais d’un questionnaire mis en ligne après l’exercice ont permis de recueillir 410 retours à Saint-Barthélemy (et 621 à Saint-Martin) pour notamment signaler, dans quelques cas isolés, l’absence de réception du message d’alerte. « Ce qui est lié à une mauvaise réception liée à l’opérateur et à une mise à jour qui n’a pas été faite », explique Eden Gréaux, qui précise : « La majorité des retours concernent cette absence de réception mais aussi la langue dans laquelle est rédigée le message d’alerte. » De fait, pour l’heure, le message envoyé est écrit en français et en anglais. « On travaille sur le fait qu’il puisse aussi l’être en portugais », glisse la scientifique qui insiste toutefois sur la qualité de « la couverture système FR Alert sur tout le territoire ». Par ailleurs, près de 60% des personnes ayant répondu au questionnaire ont indiqué qu’elles auraient souhaité disposer d’un lien vers un plan d’évacuation directement dans le message d’alerte. À Saint-Barthélemy, cet outil existe déjà : il s’agit d’une carte interactive disponible sur le site du projet Safe St-Barth. L’an dernier, son lien avait d’ailleurs été diffusé par le biais des réseaux dits «sociaux » lors de l’exercice.

Eden Gréaux (au centre) en compagnie du délégué du préfet et de la directrice du groupe scolaire de Gustavia.

Des ateliers de perfectionnement
Le lundi 23 mars, des ateliers de gestion de crise ont été organisés à la caserne du Stis de Saint-Jean (qui abrite aussi le Centre opérationnel territorial et la sécurité civile). Sous la direction des scientifiques de Safe Saint-Barth et des spécialistes de RisCrises, des élus et agents de la Collectivité ont participé à la création d’exercices de mise en situation de risques cycloniques et de tsunami. « Cela va nous permettre de revoir la base de notre gestion de crise, assure Eden Gréaux. Il est important de s’exercer à prévenir tous les risques en restant au plus proche des réalités. » A quelques mois de la prochaine saison cyclonique, explorer chaque détail pouvant mener à un perfectionnement des dispositifs déjà en place ne peut être que bénéfique.
 

 

Journal de Saint-Barth N°1658 du 26/03/2026

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