Saint-Barth -

Air Antilles condamnée et toujours suspendue

L’avenir paraît s’assombrir de jour en jour pour la compagnie Air Antilles. Après la suspension de son certificat de transporteur aérien le 8 décembre dernier par la direction générale de l’aviation civile (DGAC), puis son exclusion du BSP France par l’International air transport association (IATA) le 18 décembre, le tribunal administratif a condamné la compagnie à verser 58.166 euros de créances impayées à la société aéroport Martinique Aimé Césaire (Samac). Une avarie de plus dans les machines.
Selon les informations rapportées par nos consœurs de RCI et de la 1ère dans des articles publiés en ligne le mercredi 14 janvier, une première affaire remonte au mois de mars 2025. La SAGPC, Société aéroportuaire Guadeloupe Pôle Caraïbe qui gère l'aéroport Maryse Condé, a formulé une requête afin d’obtenir la condamnation d’Air Antilles pour des créances impayées. Ce, pour un montant estimé à 602.217 euros, souligne RCI qui précise que la somme correspond à des redevances domaniales et aéroportuaires, des factures d’eau et d’électricité. Fort heureusement pour la compagnie, le juge des référés du tribunal administratif a débouté le requérant. Mais il ne s’agissait que d’une première alerte judiciaire.
En septembre dernier, la Samac prend le relai et saisit le tribunal administratif. « La société qui gère l'aéroport du Lamentin réclamait la somme globale de 159.391 euros, écrit RCI. Un montant correspondant à l’arriéré d’Air Antilles pour les redevances d’occupation du domaine public et aux indemnités de recouvrement. »
Pour mémoire, en septembre 2024, la compagnie aérienne a signé avec la Samac deux conventions d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public pour une période de deux ans. « Il s'agit d'occupation principalement de bureaux et d'espace de vente », indique le Soualiga Post dans un article publié le 13 janvier.
Dans ce dossier, le tribunal a relevé qu’Air Antilles ne s’est pas acquitté de vingt-huit factures entre septembre 2024 et novembre 2025. Ce qui représente un montant d’impayés de 48.540 euros.
A cette somme s’ajoute la réclamation de 84.440 euros pour le paiement de créances liées à l’occupation temporaire du domaine public sans titre. Une requête qui portait sur une période allant de décembre 2023 à décembre 2024, alors même que la nouvelle société Air Antilles ne disposait pas encore de sa licence d’exploitation, obtenue en mai 2024. Le montant de ces créances a donc été ramené à 9.625 euros par le tribunal administratif.
Rendue le 24 décembre, la décision de justice condamne donc Air Antilles à s’acquitter d’une amende de 58.166 euros. Celle-ci est assortie d’une indemnité forfaitaire de 320 euros pour des frais de recouvrement ainsi que d’intérêts de retard. Un cadeau de Noël empoisonné qui s’est ajouté aux déboires de la compagnie détenue majoritairement par la Collectivité territoriale de Saint-Martin.
Pour l’heure, la DGAC n’a toujours pas rendu de décision quant à la levée de la suspension du certificat de transporteur aérien. Quant à la licence d’exploitation provisoire d’Air Antilles, elle arrive à expiration à la fin du mois. « Ça ne sent vraiment pas bon », souffle un salarié. Plus de vingt millions d’euros ont été injectés dans la nouvelle Air Antilles par la Collectivité de Saint-Martin et son partenaire Edéis depuis la reprise partielle de la compagnie en septembre 2023.

 

Journal de Saint-Barth N°1648 du 15/01/2026

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