Kimberose, de son vrai nom Kimberly Rose Kitson-Mills, ouvre samedi soir à L’Esprit le versant musical du Festival Livre et Jazz. Pour sa première venue aux Antilles, l’artiste a concocté un « set » spécialement pour le public de Saint-Barthélemy. Entretien avec la musicienne qui, au fil de ses albums, laisse s’entremêler « à l’instinct » les courants musicaux, passés et présents, qui l’inspirent au quotidien.
Vous expliquez avoir tendance à faire de la musique de manière instinctive, ce qui est souvent considéré comme l’essence même du jazz. A quoi peuvent s’attendre les spectateurs du festival de Saint-Barthélemy ?
Déjà, on a monté un set particulier pour ce festival. On a choisi des chansons de mes trois albums, que l’on a mélangées. C’est la première fois qu’il m’arrive de procéder de cette manière. Donc je dirais qu’ils peuvent s’attendre à découvrir une bonne partie de mon univers ! En tout cas, de celui que j’ai présenté jusqu’à maintenant. Le concert sera une espèce de métissage de mes albums. Après, je le dis toujours, la musique est de l’émotion pure. Ça peut être de la mélancolie, de la joie, des chansons rythmées, d’autres moins, mais toujours quelque chose de chargé en émotion. C’est ce que j’espère !
Jazz, soul, pop, vos influences musicales transparaissent à travers vos albums. Que pouvez-vous nous en dire ?
Mes influences sont assez larges. J’ai grandi dans une famille dans laquelle on écoutait des musiques très différentes. Du classique à la soul, au R&B, la pop, la musique africaine du côté de ma mère, donc j’ai été bercée par plein de choses. Ensuite, en grandissant, je me suis passionnée pour la soul et le jazz mais je reste très ouverte. Ce que j’aime surtout quand je fais de la musique, c’est de ne pas trop me poser de question sur le style mais plutôt y aller à l’instinct. Faire ce que j’ai envie de faire sur le moment ! Et pour l’écriture, ce sont toujours des histoires vraies, inspirées du réel, des choses qui sont arrivées à des gens qui m’entourent ou à moi.
Sur votre nouvel album,
vous proposez cinq titres en français, ce qui est nouveau. Qu’est-ce qui vous a donné cette envie ?
Cela s’est fait en plusieurs temps. J’avais déjà une chanson en français sur mon précédent album « Out » (L’envie de valser, avec Sofiane Pamart) et ça m’a ouvert cette fenêtre. Ensuite, j’ai été invitée par Grand Corps Malade à faire une chanson (« Nos plus belles années ») avec lui sur son album et ça a continué à faire grandir cette petite graine dans ma tête, qu’il serait amusant et excitant de chanter en français. Pour moi, c’était un terrain différent. Comme un challenge. Le français est une langue difficile à écrire et à mettre en musique. Mais c’était le moment pour moi, je crois.
Quels sont les artistes qui vous interpellent ou qui, pourquoi pas, vous font vibrer en 2026 ?
Il y en a beaucoup… Déjà, je campe sur mes classiques ! J’écoute toujours Billie Holiday, Nina Simone, ces grandes chanteuses qui m’ont fait frissonner et donné envie de chanter. En ce moment, j’écoute aussi beaucoup Michael Kiwanuka, un artiste soul et blues incroyable, James Blake, un Anglais qui a créé son propre style… Il y en a tant d’autres, je pourrais y passer l’après-midi (Rires) ! J’adore aussi la voix d’Amie Blu, une Anglaise qui est en train de monter… J’écoute beaucoup de soul en ce moment, de folk aussi. (Elle marque une pause) Jeff Buckley, qui est une mine d’or. J’ai aussi découvert un groupe, c’est un peu la honte de l’avouer… (Elle cherche le nom du groupe) Voilà, Fleetwood Mac ! C’est ancien et je ne connaissais pas. Je suis tombée sur le titre « The chain » qui est incroyable. Je l’écoute en boucle, je n’arrive pas à m’en lasser. La musique est un puits sans fond et tant mieux pour nous. De temps en temps, on prend des claques !
Comment vous sentez-vous avant cette première aux Antilles ?
Je suis très curieuse de découvrir l’île de Saint-Barthélemy que je ne connais pas. Un ami s’y rend souvent et m’en parle toujours avec des étoiles dans les yeux, donc j’ai hâte !
