Saint-Barth -

Sarah Cooper devant les œuvres qu’elle a réalisé avec sa partenaire artistique, Nina Gorfer, et qui vont être exposées au musée du Wall House du 28 février au 18 avril.

Exposition - Un regard sur la migration, l’espoir et l’utopie

Sur les murs, des œuvres imposantes desquelles irradient des visages, des corps, des regards. Des créations qui mêlent la photographie, le collage, la construction visuelle et qui invitent à une profonde réflexion. A la fois politique, poétique, humaniste. Ces œuvres, qui vont être exposées au musée territorial du Wall House jusqu’au 18 avril, sont le fruit du travail des artistes Sarah Cooper, Étasunienne, et Nina Gorfer, Autrichienne. Intitulée « Between these folded walls, utopia », l’exposition va être inaugurée ce samedi 28 février à 18 heures.
Vêtue d’une légère robe noire, Sarah Cooper se fend d’un large sourire. Aux côtés du directeur du Wall House, Charles Moreau, elle évoque la longue (depuis 2006) et profonde relation artistique qu’elle entretien avec sa partenaire de création, Nina Gorfer, mais aussi ce projet qui a vu le jour en 2017, après une conversation avec une amie enseignante auprès de jeunes migrants. «C’est un projet qui s’est étendu sur trois ans et que nous avons achevé en 2020, explique l’artiste. Nous avons interrogé des femmes qui avaient toutes une histoire de migration forcée, depuis des pays comme la Syrie, la Somalie, l’Afghanistan… Nous avons réalisé de nombreux entretiens avant de prendre un appareil photo. »

Des héroïnes mythologiques
Lorsqu’elles se lancent dans leur projet, les deux artistes vivent à Göteborg, en Suède. « Nous voulions aborder cette époque à notre manière, témoigner de nos propres sentiments au sein de notre communauté, explique Sarah Cooper. Mais il est intéressant de constater que depuis, l’exposition a pris un nouveau sens, une autre dimension. Car, malheureusement, le sujet est plus que jamais d’actualité. »
Organisée et présentée en collaboration avec l’association St Barth Ile d’Art et Fotografiska, la destination mondiale de la photographie, des arts visuels et de la culture, l’exposition invite à se plonger dans un théâtre utopique, un univers visuel dans lequel les frontières entre le réel et l’imaginaire se confondent. Les femmes, souvent jeunes, qui apparaissent dans les œuvres sont représentées comme des héroïnes mythologiques. Elles sont pourtant des êtres bien réels de chair, de sang et de sentiments. Face à un monde marqué par les guerres, les migrations, les catastrophes climatiques, Sarah Cooper et Nina Gorfer se sont tournées vers leurs communautés proches pour trouver une explication à ce qui leur semble être la perte d’une utopie collective. Un long et minutieux travail qui leur a permis d’exposer leurs créations au Hasselblad Center à Göteborg, au musée national de la photographie à Copenhague, au Fotografiska Stockholm de New York et, à partir de samedi, à Saint-Barthélemy.
« Quand on a appris que l’exposition avait été choisie pour Saint-Barth, on s’est demandé pourquoi, sourit Sarah. Et puis nous avons découvert l’histoire de l’île, qui a été une colonie suédoise, qui a participé à la traite des esclaves. Une histoire qui n’est que peu connue, mais qui rejoint notre travail car cela implique des personnes qui ont été amenées de forces, d’autres qui se sont retrouvées ici pour des raisons diverses, pour arriver aujourd’hui à en faire un endroit magnifique. Malgré les blessures passées. »
La plupart des œuvres exposées au Wall House s’inspirent de la peinture classique mais aussi de visions plus introspectives, comme celle de Frida Kahlo. Chacune raconte l’histoire d’une jeune femme, ses expériences, à travers des paysages oniriques, des drapés théâtraux et des poses élégantes et sophistiquées qui évoquent celles qui étaient réservées aux représentants de la royauté. « Nous avons tendance à travailler avec un regard classique, celui de la femme fixant le spectateur, explique Sarah Cooper. Nous aimons l'idée de femmes amazoniennes ; on a presque l'impression qu'elles pourraient vous écraser de leur regard. »
Une exposition à découvrir dès ce samedi, à partir de 18 heures.

 

Heures d’ouverture du musée
Entrée libre.

Mardi : 14h-19h 
Mercredi : 9h-12h puis 14h-19h 
Jeudi : 9h-12h puis 14h-19h 
Vendredi : 9h-12h puis 14h-19h 
Samedi : 9h-12h puis 14h-19h

 

Journal de Saint-Barth N°1654 du 26/02/2026

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